Histoires courtes

Publié le 25 avril 2021



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Certains textes ne se montrent qu'à la nuit tombée, furtivement. Essayer ?     
Endormi sur le canapé


C’est l’heure où les ombres sont courtes. Un moucheron danse dans la lumière au-dessus du tamaya, près de la fenêtre entrouverte. En ce début de printemps, il fait déjà chaud. Après le repas, tu as pris le roman à la couverture blanche qui t’attendait sur les coussins du séjour. Ta main tourne calmement les pages. Le bruissement régulier du papier donne sa cadence au temps paresseux qui pourrait bien avoir envie d’une pause, dans sa course réglementée.

— Tiens, tu relis Toni Morrison ?
— …

Pas de réponse. Pourtant j’entends une page qui se tourne, de temps à autre. Je m’approche. Tu lis les yeux fermés. Une mèche de cheveux bruns est froissée contre un coussin de couleur sépia. Ton visage a pris une expression d’enfant, bouche gourmande et coin des yeux relevés dans l’attente d’une surprise. Le livre a glissé sur ton long corps. Je le saisis avec toute la délicatesse possible et le pose juste à côté. Tu ne t’apercevras de rien.

A cet instant, tu as le visage qui m’a fait faire des choses insensées, lors de notre rencontre. Je dis tout bas :

— Tu te rappelles ces journées de folie ?
— …

Ou au contraire, étaient-ce les jours où tout a commencé à prendre sens ? Lentement. Laborieusement, dans la peine et dans la joie partagées.

— Tout a changé depuis, tu ne trouves pas ?
— …

Soudain tes jambes frémissent, se décroisent, ta main s’ouvre. Sous tes paupières, tes yeux bougent. Vite, je recule silencieusement d’un pas... Puis, tout se calme. Fausse alerte.

— Tu rêves de quoi ? Je ne saurai jamais. Au réveil tu auras oublié n’est-ce pas ?
— …

Un sourire fugitif vole sur tes lèvres. Un gros insecte noir passe en vrombissant devant la fenêtre. Avec des pouvoirs magiques, je pourrais nous transporter sous le tilleul, là dehors, au milieu des bavardages des mésanges. Toi, moi, les coussins et le roman blanc.

— Sous le tilleul, tu voudrais bien ?
— …

Mais non, je ne vais pas faire ça. Mes pouvoirs ne sont pas assez puissants pour arrêter les gamins excités qui jouent au foot en bas. Heureusement, ils sont de l’autre côté du bâtiment et leurs hurlements parviennent ici très assourdis.

Tilleul

Dans un grand souffle, tu tournes une autre page de tes rêves. J’approche mon nez de ta joue. Je perçois l’odeur de ta peau et une ombre de parfum d’agrumes.

— C’est quel parfum déjà ?
— …
— Plutôt une eau de toilette, non ?
— …
— Je sens… Je ne sais pas, les sous-bois en été ? Ou bien l’écorce des arbres, les piqûres des bogues sur mes doigts quand on va ramasser les châtaignes…

J’approche mes lèvres des tiennes, sans les toucher, juste pour sentir leurs frémissements.

— Quand tu dors, tes paupières ne sont pas parfaitement fermées. Je peux distinguer un minuscule reflet qui s’échappe entre les deux rangées de tes cils. Tu savais ça ?
— …
— Et tu fais un bruit de roman d’aventures dont on tourne les pages, tu le savais ?

Brusquement deux bras jaillissent, entourent mon corps et serrent, serrent.

— Arrête… Tu me serres trop fort !
— Hrrmfff !
— Mais… dis-moi… Tu dormais ?

--

Tilleul

décembre 2021 --- 2 commentaires
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