
Je connaissais ce sentier depuis longtemps,
Il était toujours resté éteint sous mes pas.
Ce soir-là, il me fit un signe,
Peut-être à cause de la tempête
Qui l’avait malmené depuis deux jours.
Comme je marchais tranquille,
Dans la lumière qui s’assoupissait,
Il m’adressa un sourire furtif.
Il ne répondit pas à mon bonsoir surpris.
Il restait là, immobile et silencieux.
Je me rendis compte les soirs suivants
Qu’il était un grand timide,
Chaque jour piétiné par des dizaines de promeneurs.
― Tu comprends, me dit-il, les gens regardent la mer.
Mais ils ne voient pas le sable tendre sous leurs pieds,
L’ombre verte qui s’incurve autour d’un rocher,
Le souvenir d’un pas qui les précéderait,
Une jambe après l’autre, un corps suivant l’autre.
À ces mots, bien sûr, j’ai pensé à toi.
Et j’ai bien vu que le sentier le devinait.
― Tu sais, murmura-t-il, mes cousins épicéas
Vivent sur des pentes loin d’ici,
Mais quand soufflent les tempêtes,
Leurs souvenirs volent jusqu’aux miens,
Et un petit chemin côtier peut recevoir
Les empreintes mêlées d’une combe enneigée.
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juillet 2021 --- 1 commentaire
25aug2021 21:45
Tes textes courts disent juste ce qu'il faut et laissent une place à l'interprétation du lecteur.