Histoire courte

Le 12 janvier 2019. Mise à jour le 23 mars 2024.



Rencontres

La femme en rouge Une langue gourmande Silvère La Danoise qui ne parle pas L'automne est arrivé Glaïeuls à Kérity Folie de printemps La vieille ville Lézard du soir Jogondiral Tente d'accueil Regard Le Tao Coffret inca Brocante Métro Portrait Chat
Trajectoires

Vagues sur la plage Grève blanche Echarpe orange Regard vert Crayons de couleur Colline Trois ados La ligne des Phares Cycles Lac du Merle noir Le vieux phare Soledad
Récits
fantastiques

Café du matin Le poisson géant Bientôt Cinq heures Le miroir Migrants L'orage Paysage de Toscane Les kakis La porte sombre Crapaud accoucheur Maxim et Lorie Le petit Paul Cape Cod morning Chat noir Le Chasqui 9 juillet Gerboise Rastignac Fauvettes Moving
Nouvelles
ordinaires
Atelier 11jun2025 Yeux violets Lac onirique Oasis Smartphone Empreintes dans la neige Robe rouge L'intruse Figues du jardin Endormi sur le canapé Gratin dauphinois Tente ronde Tricycle Ecrasée Garde Blatte Oies sauvages Premières lignes Les kakis Smartphone Cerises Femme brune Ardoise Soleil
Poésie
brève

Haikus nocturnes Haikus du soir Haikus du matin L'inconnue en robe blanche La houle grise Brume cotière Sapins dans la brume Treize mille milles Chemin côtier La pleine lune La Chashitsu Silvère Bulles et plancton Haïkus - Spy family Plantation de tabac Vague sur la plage Gogyōkas - Vagues sur la dune Synthé Nounours Boutique japonaise Boutique japonaise La lumière sur la colline Brocéliande Dix mesures Tasse de thé Un instant plus tard Raquettes Rose Montagne Belledonne Arbre Ile de Groix
Certains textes ne se montrent qu'à la nuit tombée, furtivement. Essayer ?     
Ardoise


Je me souviens



Je me souviens du jour où j’ai réussi à écrire les nombres 97, 98, 99 et enfin 100. Ma main avait couvert toute une face de chiffres tracés à la craie blanche et j’avais dû retourner l’ardoise pour arriver enfin au but. 100 ! Aussi vite que la voiture de papa dans la ligne droite qui descend vers Albertville, avec les bosses sur la route qui secouent les garçons serrés sur la banquette arrière, les champs qui défilent de chaque côté des portières de métal.

Je me souviens des bruits de la vallée qui se sont enfuis à jamais et qui ne résonnent plus que dans ma tête. Meuglements paisibles des vaches aux champs, sifflement de la locomotive lorsqu’elle entre dans le tunnel de Conflans, cliquetis des bicyclettes qui sortent de l’usine à midi, harmonica de Fred qui rentre chez lui, en passant devant le tas de fumier où trône le coq marron et noir.

Je me souviens des versions latines et de l’odeur du buvard tâché d’encre violette, de l’angoisse des journées de compositions et du sourire heureux du professeur de mathématiques, du vol des hannetons qui annonçait les grandes vacances.

Je me souviens des années d’espoir immense où les studios étaient minuscules et mal chauffés. Au dehors, le monde attendait d’être découvert.

Je me souviens des années dures et du chômage aveugle. Au dehors, le monde n’attendait plus personne. Chacun serrait les dents pour être plus fort et s’en sortir, une fois de plus.

Je me souviens de mon admiration pour les plus aguerris d’entre nous. Un étrange sourire amer s’était installé sur leurs visages.

--

mars 2020 --- 2 commentaires
Copyright © 2018-2026 www.mots-farouches.fr Découvrir un autre texte : nouvelle ou poème
00
10
20


Paris Orly
raining
0.4 °C
Sunrise: 8:36
Sunset : 16:55