Certains textes ne se montrent qu'à la nuit tombée, furtivement. Essayer ?
Perdu ! Revenez plus tard. Bonne chance.
Gagné ! Vous pouvez lire "Eliott et les envahisseurs" ou "Les yeux de Bastet".
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Il marchait sur le sable mouillé dès son plus jeune âge. Et aujourd’hui dans le vent de suroît, l’homme rejoint le rivage,
comme la goutte de pluie tombée sur la colline court vers l’océan. Il marche. Derrière lui, une vague en fin de course vient parfois lécher ses empreintes.
Le murmure de l’eau sur la pente orangée l’accompagne avec précaution.
― Tu es chez moi, tu es revenu,
chante l’eau porteuse d’une multitude de bulles brillantes.
Lui ne répond pas.
― Tu es chez moi. Tu es le bienvenu. En novembre, après l’averse froide de la mi-journée, je me sens seule, tu le sais.
Le marcheur écoute les refrains de l’eau sans se retourner.
Il avance d’un pas égal, veillant à ne pas creuser la pente lisse d’une vilaine cavité. L’eau est sensible à cette attention. Elle évite de recouvrir le sable juste devant l’homme.
Elle préfére laisser à son pied nu une surface plus ferme. Tout au plus se permet-elle de poser devant lui la corolle rose et violette d’une petite méduse inoffensive
ou la virgule d’un marron intense d’une algue voyageuse.
Lui sourit un instant.
Il peut à l’occasion recevoir un cadeau marin plus accompli, un brin rouge tout hérissé posé sur une large feuille verte translucide, tout contre une coquille de Bernard L’Hermite,
un débris de bois mangé par des jours et des jours de houle d’automne.
Alors le promeneur s’arrête. Il s’adresse enfin à l’eau.
― Merci ! Merci pour cette beauté. Moi, je n’ai rien à offrir. Mes pas à tes côtés, peut-être ?
Il se retourne et contemple la ligne de ses empreintes depuis l’autre extrémité de la baie de Pors-Carn, tout au loin, près des rochers de Saint-Gué. Il en subsiste quelques fragments isolés.
La trace raconte une histoire d’amour agitée par les élans de l’un ou de l’autre. Elle est interrompue par des passages en creux, des épisodes heureux ou amers, des moments oubliés.
― La trace de la vie, se dit-il en gonflant sa poitrine de l’air humide.
Des mots forts ! Parfois un peu trop. Où va ce marcheur ?
Pascale M. 19nov2025 16:52
Une fin ouverte, comme souvent ! On n'en sait pas plus sur cet homme...
Françoise 19nov2025 16:52
Une nouvelle très poétique, vraiment !
Pierre D. 19nov2025 16:53
Quelques mots ou tournures à modifier, pour la fluidité du texte (suivent diverses suggestions bienvenues).
Oui, il faut prendre la peine de le partager.
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19nov2025 16:51
19nov2025 16:52
19nov2025 16:52
19nov2025 16:53
Oui, il faut prendre la peine de le partager.