Histoires courtes

Mis à jour le 10 avril 2021



Rencontres

La femme en rouge Une langue gourmande Silvère La Danoise qui ne parle pas L'automne est arrivé Glaïeuls à Kérity Folie de printemps La vieille ville Lézard du soir Jogondiral Tente d'accueil Regard Le Tao Coffret inca Brocante Métro Portrait Chat
Trajectoires

Vagues sur la plage Grève blanche Echarpe orange Regard vert Crayons de couleur Colline Trois ados La ligne des Phares Cycles Lac du Merle noir Le vieux phare Soledad
Récits
fantastiques

Café du matin Le poisson géant Bientôt Cinq heures Le miroir Migrants L'orage Paysage de Toscane Les kakis La porte sombre Crapaud accoucheur Maxim et Lorie Le petit Paul Cape Cod morning Chat noir Le Chasqui 9 juillet Gerboise Rastignac Fauvettes Moving
Nouvelles
ordinaires
Atelier 11jun2025 Yeux violets Lac onirique Oasis Smartphone Empreintes dans la neige Robe rouge L'intruse Figues du jardin Endormi sur le canapé Gratin dauphinois Tente ronde Tricycle Ecrasée Garde Blatte Oies sauvages Premières lignes Les kakis Smartphone Cerises Femme brune Ardoise Soleil
Poésie
brève

Haikus nocturnes Haikus du soir Haikus du matin L'inconnue en robe blanche La houle grise Brume cotière Sapins dans la brume Treize mille milles Chemin côtier La pleine lune La Chashitsu Silvère Bulles et plancton Haïkus - Spy family Plantation de tabac Vague sur la plage Gogyōkas - Vagues sur la dune Synthé Nounours Boutique japonaise Boutique japonaise La lumière sur la colline Brocéliande Dix mesures Tasse de thé Un instant plus tard Raquettes Rose Montagne Belledonne Arbre Ile de Groix
Certains textes ne se montrent qu'à la nuit tombée, furtivement. Essayer ?     
Garde du corps


D'après Enkel tarief te Kaapstad - Breyten Breytenbach (2014)

J'abattais la masse à un rythme obstiné. On était jeudi 25 décembre, juste après midi, dans une banlieue du Cap. Le mur épais opposait une résistance têtue. Chaque coup sourd faisait voler des éclats de brique et de ciment qui retombaient sur le plancher comme une pluie de shrapnel. Je sentais la sueur dégouliner sur mon crâne nu, puis sur mon visage poussiéreux. On se serait cru dans un four, malgré les fenêtres ouvertes.

Entre deux coups de masse, j'entendis le téléphone sonner. Je rechignai à m'interrompre. J'aurais du mal à retrouver la cadence par cette chaleur. Lentement, je posai le long manche et gagnai le séjour, piétinant les débris de mes pieds nus. Jeanet, annonçait le petit écran du téléphone. J'essuyai une main sale sur mon short et répondis.

— Ouais.
— Joyeux Noël, petit Afrikaner.

La voix d’alto de Jeanet Louw était chargée d'ironie. Comme toujours.

— Merci. Toi de même.
— Il doit faire une bonne petite chaleur dans ton coin …
— Trente-huit à l'extérieur.
— Pourquoi as-tu choisi d’habiter ce bled ?
   Loxton, reprit-elle, tu n'as plus qu'à prendre ton mal en patience. Et qu'est-ce qu'on fait pour Noël par là-bas ?
— On abat le mur entre la cuisine et la salle de bains. Aucun de ces paresseux de negros n’a voulu le faire.
— Et c'est comme ça que tu fêtes Noël. Une vieille coutume rurale lorsqu’on atteint quarante ans, c'est ça ? ajouta-t-elle d’un ton grinçant.

Je savais qu'elle n'appelait pas pour me souhaiter joyeux Noël.

— Tu as un boulot pour moi.
— Mmm, mm.
— Touriste ?
— Non. Une femme du Cap, en fait. Elle dit avoir été agressée hier. Elle te veut pour une semaine à peu près, elle a déjà versé les arrhes.

Je réfléchis. J'avais besoin de cet argent.

— C’est où ?
— Elle se trouve à Hermanus. Je t'envoie son adresse et son numéro de portable par SMS. Je lui dis que tu es en route. Appelle-moi si tu as le moindre problème.

Hermanus

Je rencontrai Emma Le Roux pour la première fois dans une maison du bord de mer qui dominait le vieux port d'Hermanus. La villa de style toscan était neuve et imposante, véritable cour de récréation pour Afrikaner riche. Deux étages avec une porte d'entrée en bois sculptée à la main, ornée d'un heurtoir à tête de lion.

Emma Le Roux était une femme de type européen, entre deux âges. Elle s'exprimait en anglais avec un petit accent afrikaans.

— Bonsoir... Monsieur Loxton ?
— C’est moi, bonsoir Madame Le Roux.
— Entrez, je vous attendais.

La voix était énergique, le ton direct. Elle ne correspondait absolument pas à l'image de la résidente sud-africaine aisée s'apprêtant à fêter Noël que je m'étais faite en actionnant le heurtoir. Trop mince, non maquillée, les yeux verts, les cheveux grisonnants mi-longs simplement noués en catogan, vêtue d'un jeans et d'un sweat-shirt gris. Je ne pouvais pas dire que c’était une belle femme, mais elle dégageait une étrangeté et un charme indicibles. Elle paraissait à l’instant sur le point de partir faire son jogging, alors que la nuit tombait déjà. Le crépuscule est toujours bref en Afrique du Sud. Un sac de voyage marron attendait dans l'entrée.

Elle me reçut dans la cuisine.
— Je propose que nous prenions un bref repas. Il y a du poulet et un peu de riz au safran.

Pendant le repas, sa voix assurée et ses yeux qui ne cillaient pas me servirent une histoire de menaces téléphoniques, puis d'une agression le jour précédent, lors d'une promenade sur le port. Un homme l’avait bousculée et avait tenté de lui arracher son sac à main. Ces voyous sont maintenant partout, bientôt ils nous tueront dans la rue. Elle avait désormais peur de sortir de chez elle.

Quelque chose ne collait pas. J'imaginais plutôt Emma Le Roux marchant à longues enjambées rapides vers sa destination en ville, le grand sac marron en bandoulière. Je me demandai s’il n’y avait pas derrière tout cela un autre coup tordu de Jeanet. Cette femme avait déjà semé tellement de désordre dans ma vie. Avant Jeanet, tout était simple : un petit job dans une agence de voyages, la vie de célibataire dans les quartiers afrikaner du Cap, les fêtes, les belles touristes à l’occasion. Maintenant, après cet orage qui était passé en rugissant le bonheur et le malheur dans mon existence, j’étais à nouveau célibataire, mais avec une belle pension alimentaire à payer. Un petit job n’y suffisait plus. Il me fallait au moins deux missions de garde du corps chaque mois. Je ne pouvais pas faire le difficile avec cette Emma Le Roux, pas si désagréable à côtoyer, au fond. Son visage restait lisse lorsqu’elle me parlait, mais elle ne contrôlait pas aussi bien son regard et l’éclair d’une émotion indistincte le traversait par moments. Était-elle vraiment une riche résidente du Cap en villégiature ? Mies Emma ? Eish !

Baz Bus

Ma cliente interrompit mes réflexions en m'annonçant que nous partions sur le champ vers Cape Town par le Baz Bus n°2, celui qui assure un service hop-on hop-off entre Port Elizabeth et Cape Town, par la côte. Cette agression l'avait effrayée, elle préférait rentrer chez elle sans tarder, sous ma protection. Elle avait déjà acheté les deux billets aller-simple Hermanus-Kaapstad. Non, elle ne préférait pas utiliser sa voiture, pas dans ces conditions. Elle désirait que j'assure sa protection personnelle pendant quelques jours. Je me dis in petto que cette petite dame très décidée, laissant sa voiture à Hermanus et achetant un aller-simple vers Le Cap, avait probablement une idée derrière la tête. Mais mon job était de la protéger, pas d'enquêter sur ses activités, n'est-ce pas ? Et puis j’avais besoin de cet argent avant la fin du mois, Kak !

Avec une trentaine de passagers, presque tous des blancs, le Baz Bus roulait depuis environ une heure dans la nuit. Les rares éclairages publics des faubourgs éloignés de Cape Town commençaient à être visibles sur les bords de la voie rapide n°2 lorsque Emma quitta son siège. Elle alla dire quelques mots en Xhosa au chauffeur. Quelques minutes plus tard, le bus ralentit puis s'arrêta et l'énorme noir annonça d'une voix forte :

— Mitchell's Plain - Mew Way. Et il ajouta quelque chose en Xhosa.
— Comment ça, il n’y a rien ? Ici, il y a un demi-million de personnes, il y a le township de La Nouvelle Maison, il y a le futur de ce pays ! répliqua Emma.
   Nous descendons ici ! ajouta-t-elle à mon intention.
— Mais, Madame Le Roux, nous ne sommes pas arrivés !
— Monsieur Loxton, nous descendons ici ! répéta-t-elle sur un ton agacé.
— Meeerde, le township de Khayelitsha ! me dis-je.

Le Volksblad parlait encore la semaine dernière en première page des émeutes récentes qui s’y étaient déroulées. Le chef de la police avait indiqué à la rédaction qu’il s’agissait d’une opération de routine de maintien de l’ordre, perturbée par des individus armés non identifiés et suivie par des affrontements inter-ethniques qui avaient été à l’origine des 24 morts. Le lecteur avisé avait compris. Cela n’était pas la première fois.

Le chauffeur nous ouvrit la porte avec un long regard perplexe. Il secoua la tête et haussa les épaules tandis que nous quittions le bus, puis redémarra sans s'attarder.

Kayelitsha

Nous nous retrouvions dans la quasi-obscurité d'une aire d'arrêt au sol inégal. Un coq haut sur pattes hurlant à pleine gorge et deux chiens jaunes faméliques passèrent en courant tout près de nous puis disparurent dans l’ombre. Après quelques instants, les cris du volatile cessèrent. Des silhouettes indistinctes bougeaient à quelque distance en contrebas. Les rugissements des véhicules de la voie rapide toute proche déchiraient l'atmosphère chaude et poisseuse venue de l'Atlantique. Le vent du soir portait jusqu’à nous une odeur tenace qu’on ne peut plus oublier quand on l’a connue une fois : celle des ordures brûlées. Le visage d'Emma Le Roux était tour à tour invisible et éclairé par les faisceaux fugaces des phares. Elle ne paraissait pas affectée par une situation peu conventionnelle pour une soirée de Noël. En ce qui me concernait, la perspective d'une mission bien payée et la pression de la crosse du Magnum 357 contre l'intérieur de mon bras gauche me rassérénaient. Après tout, j'étais son garde du corps et je connaissais mon métier.

Emma se tenait debout à mes côtés. Je regardais du coin de l’œil sa silhouette qui révélait une féminité discrète lorsqu‘elle se balançait d’un pied sur l’autre. Après cinq ou six minutes d'attente dans ce vacarme, elle consulta sa montre, puis commença à parler.

— Loxton… Vous permettez que je vous appelle Loxton ? Il m'a dit qu'il viendrait me chercher à 20h30… Vous pouvez m'appeler Emma si vous voulez.
— Oui Emma. Qui ça, il ?
— Celui qui m'a donné rendez-vous en me recommandant de ne pas venir avec ma voiture, de prendre un billet aller-simple Hermanus-Kaapstad.
— Oui Emma, mais ça ne me dit pas...

Je fus interrompu par l'arrivée d'une vieille Dodge noire avec une portière marron qui s'arrêta pile devant Emma, avec un grincement des suspensions dans les nids-de-poule de la chaussée. Le conducteur, un métis plus tout jeune, et deux noirs lourdement armés tout en muscles sortirent et vinrent se planter devant nous. Le premier apostropha Emma :

— Je vous avais dit de venir seule ! Vous êtes stupide ou quoi ?
— C'est mon garde du corps, répondit Emma sans se démonter. Vous avez bien les vôtres !

Garde du corps

Le coloured dit quelque chose en Xhosa à ses deux acolytes qui se dirigèrent vers moi en tendant les mains vers mon torse.

— Hélà ! criais-je en mettant la main sur mon arme, Stop !

Les deux noirs portèrent leurs mains sur leurs armes, mais aussitôt Emma intervint d'une voix coupante :

— Loxton, ne bougez pas ! Et vous, Tiger, rappelez vos hommes ! Nous ne sommes pas là pour nous battre !

Après un instant, elle ajouta, en faisant étinceler son regard vert :

— Dites-leur qu'à partir de cet instant, ils devront travailler avec Loxton, eux sous vos ordres et lui sous les miens.

Un échange animé en Xhosa s'ensuivit entre Tiger et ses gardes, tandis qu'Emma et moi-même échangions des amabilités.

— Emma, vous êtes vraiment inconsciente du danger. Venir ici et à cette heure ! C’est un caprice idiot. Complètement idiot.
— Loxton, ne me servez pas des jérémiades dignes de l’esprit obtus d'un porte-flingue afrikaner ordinaire. Nous ne sommes pas ici par hasard. Je vous paie, vous faites votre boulot, c’est tout.

Après deux longues minutes de conciliabules, les deux colosses noirs et moi-même nous serrions la main de mauvaise grâce. Nous nous assîmes à l'arrière de la Dodge. Tiger et Emma s'attardèrent un instant à l'extérieur pour un entretien en tête-à-tête, puis s'installèrent aux places avant. Tiger arracha un grondement fatigué à la lourde machine et, après quelques minutes, quitta la chaussée pour nous engager sur un chemin de terre défoncé. J’allais avoir le privilège rare pour un Afrikaner de pénétrer dans Khayelitsha en période de violence. Mais j’étais payé pour ça.

Mitchells Plain

La grosse américaine grinçait et gémissait sur les ornières depuis une vingtaine de minutes, s'éloignant toujours plus de la M2, en direction de l'océan. La poussière âcre s'insinuait partout dans l'habitacle et se collait à l'intérieur de ma bouche. Coincé à l'arrière entre les deux mastars, je me demandais où cette séance de toboggan nous conduisait. Nous abordions des zones de plus en plus habitées, sans qu'on puisse distinguer les ombres de maisons ou d'immeubles à la clarté des étoiles, ni le tracé rectiligne d'une rue et de ses luminaires. Tout au plus devinait-on des baraques basses au bord du chemin, serrées les unes contre les autres. Nous rencontrions çà et là des petits attroupements autour d'un feu de débris de caisses de bois qui projetait une lueur orange sur les silhouettes et sur les volutes de fumée. De temps en temps, il fallait s'arrêter car la piste était occupée par des groupes d'hommes ou d'adolescents. Le plus souvent, il suffisait que Tiger baisse sa vitre et les salue pour qu'ils s'écartent et laissent passer la voiture.

Une fois ou deux, il avait fallu parlementer et les jeunes avaient regardé avec suspicion à l'intérieur de la Dodge. Ils avaient longuement braqué leurs lampes éblouissantes sur Emma et sur moi. Au dernier barrage, juste avant d'entrer dans le township, il avait fallu que les deux gros noirs sortent de la voiture et tirent un coup de revolver en l'air pour que les jeunes se dispersent finalement. Tiger avait dit à Emma, sur un ton devenu brusquement amical et avec des mots choisis :

— Notre société est malade. Nos jeunes sombrent peu à peu dans le désespoir et dans la violence. Dès 12 ou 15 ans, ils se déguisent avec du rouge à lèvres et des perruques. Ils s'entre-tuent avec des kalachnikovs. Nous sommes dans une sorte de désagrégation, d'implosion sociale. C'est pour cela que nous devons chercher ensemble et trouver des solutions à nos problèmes. Nous n’avons plus le choix.

Qui était donc ce vieux caïd du township qui fixait un rendez-vous mystérieux à une blanche, un soir de Noël ? Et qui lui parlait comme un mandarin sociologue de gauche qui encouragerait une de ses étudiantes ?

Plus tard, nous entrâmes tous les cinq dans un hangar rouillé du centre de Khayelitsha. Tiger avait réuni les anciens des différentes tribus. Quelques méchantes ampoules électriques éclairaient la troupe bourdonnante de leur lumière jaunâtre. Il y avait là une cinquantaine de vieux à la peau fripée offrant toutes les nuances de couleur entre le noir bleuté et le blanc laiteux d’un albinos, accroupis les uns contre les autres, arborant les tenues et les invraisemblables coiffures représentatives de leurs tribus, fumant une pipe longue comme le bras ou un petit joint humide, psalmodiant chacun pour soi une mélopée indistincte, se trémoussant ou crachant de côté un jet de salive noire, à l’occasion. Nous attendions dans la même position qu’eux, silencieux dans un coin de la salle. La fumée rougissait mes yeux et l’odeur puissante de l’humanité sud-africaine me tournait la tête.

Hangar

Tiger était resté en tenue urbaine – jeans et tee-shirt taché −, mais il s’était coiffé d’un curieux petit bonnet brodé aux couleurs nationales : rouge, vert et bleu. Il était monté sur une sorte de tronc d’arbre sculpté et avait commencé une interminable litanie. J’avais fini par comprendre qu’il nommait les anciens un par un, en les saluant à haute voix en Xhosa. Il avait enfin ramené le silence. Puis il présenta ses compagnons à l’assemblée :

— Sankara. Le mastar couleur d’ébène à ma gauche se leva et salua les chefs.
— Fidel. Celui de droite en fit autant.
— Emma. Elle s’exécuta sans montrer aucune surprise.
— Loxton. ... « Non pas moi, c’est un malentendu ! »

Emma me décocha un coup de coude dans les côtes, puis un autre, plus violent. Je dus me lever et saluer ces cinquante vieillards ridés et puants. Kak ! Mais pour qui me prenait-on ? J’étais un garde du corps, pas un activiste inter-ethnique. Je n’aimais pas du tout que Tiger et Emma jouent ainsi avec moi. À la première occasion, elle allait m’entendre celle-là !

Perché sur son piédestal, Tiger avait ensuite entamé un long discours compliqué dont Emma, accroupie près de moi, me traduisait de temps en temps quelques phrases en anglais, tout bas contre mon oreille. Avec ses lèvres chaudes et animées qui caressaient ma peau dans l’obscurité, elle me donnait des frissons incongrus. Elle paraissait ne pas le remarquer. Ou prétendait-elle ne s’apercevoir de rien ? Les bras de Tiger se balançaient vers ses auditeurs et accompagnaient de longs couplets en Xhosa, comme la houle inlassable de l’Atlantique berce les filets mouillés au large.

— Les solutions pour ré-imaginer l'Afrique du Sud... venu de l'intérieur de l'Afrique...construire par nous-mêmes... spécificités de nos racines… une modernité qui serait adaptée aux conditions de vie…

Bliksem de bliksem de sermon pour une harde de petits grands-pères racornis. Mes jambes repliées sous moi commençaient à crier leur peine.

— … les notions de mémoire, d'imagination, d'acceptation de la diversité… se transformer en changeant son environnement… la beauté, l'interaction entre le beau et le pauvre... identité ... portée par la culture, par la créativité. ... bien plus importantes que le discours quotidien des politiques qui se vautrent … langage complètement galvaudé.

Un vrai cours de sociologie politique ! Au milieu du trouble que faisait naître le souffle d’Emma contre mon visage, je me demandais si la transformation des banlieues du Cap par la beauté parviendrait un jour à calmer les émeutes. Les violences avaient ravagé toute la ville en novembre. L’an dernier, deux mille voitures avaient brûlé le soir du 31 décembre.

Barrage

--

Pour lire la suite, ajoutez un commentaire ci-après ou patientez jusqu'à ma prochaine mise en ligne d'un épisode.

septembre 2019 --- 2 commentaires
Copyright © 2018-2026 www.mots-farouches.fr Découvrir un autre texte : nouvelle ou poème
00
10
20


Paris Orly
raining
0.4 °C
Sunrise: 8:36
Sunset : 16:55