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Le 18 septembre 2025



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la grève blanche



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Avant, il y avait des hommes   sur cette terre. Depuis toujours, croyait-on le plus souvent. Le récit de la création d’Adam et Eve ou de la fertilisation de la terre par une déesse-mère ne changeait pas grand-chose. On vivait comme si les hommes et leurs bizarreries étaient là depuis l’éternité. Et comme si rien n’allait jamais changer. Il fallait expliquer aux enfants qui posaient des questions :

― C’est comme ça !

C’est que les Hommes n’étaient pas tous les mêmes.

Certains étaient des nobles, les autres non. Les premiers avaient hérité de cette distinction dès leur naissance. Il la garderaient jusqu’à leur mort, quelles que soient les malchances qui pourraient frapper leur existence. Les autres étaient les roturiers, plébéiens, serfs ou vilains. Leur destin était de servir les nobles. C’était comme ça.

On découvrirait beaucoup plus tard d’autres noblesses bien différentes dans des contrées lointaines. Au bout de la terre du côté du soleil levant et des Hommes jaunes, au-delà des océans vers le couchant des peuples rouges, il existait également des nobles. Depuis des milliers d’années. Ce n’était pas toujours de la naissance que venait ce privilège, mais aussi parfois du pouvoir de communiquer avec les esprits. Chez les Haïdas du Grand Nord canadien, les hommes nobles portaient le masque rituel interdit aux femmes, aux gens ordinaires et aux esclaves, lors des danses de cérémonie du Potlach.

Masque rituel

Certains Hommes étaient des riches, d’autres naissaient pauvres. Cette différence pouvait s'atténuer. C’était plutôt rare. Dans certains espaces du pays, les hommes de la terre, les paysans, étaient riches ou pouvaient espérer le devenir. Les marins, eux, étaient des pauvres, les sans-terre contraints de manger le coquillage ou le poisson pour survivre. Et ils le resteraient.

Pendant des périodes exceptionnelles, un homme marin-pêcheur pouvait profiter d’une conjonction favorable, d’un poisson abondant du côté des lointaines Terres Neuves et s’enrichir, année après année, au péril de sa vie. La génération suivante n’en profitait pas longtemps. C’était comme ça.

Les Hommes ne naissaient pas tous avec exactement la même couleur de peau. Certains étaient des blancs. Ils étaient assurés par l’ordre social du respect de leurs droits et de leurs avantages. D’autres naissaient noirs de peau, les malheureux. Dans ces pays, ils étaient voués à être les serviteurs des blancs.
― Pourquoi ? demandaient les enfants.
― Mais … C’est comme ça.

Avant, il y avait les Hommes. Pas tous les mêmes. Depuis toujours et pour longtemps encore.

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Mais quelque chose a commencé à changer. Au moins dans certains de nos pays.

Maintenant, il y a des femmes !

Dans nos sociétés, elles gagnent au fil des ans leur droit à l’éducation, à la liberté individuelle, au pouvoir économique ou politique. Maintenant, il y a des femmes aussi dans notre monde.

Par hasard, je suis né homme, dans une fratrie de garçons, alors que ma mère désirait intensément une fille. Une future femme qui réaliserait ce qu’elle n’avait pu faire. La société de l’Europe bouleversée par deux guerres mondiales et enlisée dans un patriarcat pesant ne l’avait pas permis.

Si le sablier qui maîtrise le temps me faisait renaître dans un prochain âge, je serais peut-être une petite fille, puis une femme accomplie. Et le regard de ma mère me suivrait, porteur d’amour et d’espoir.

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Debussy HP

septembre 2025 --- 2 commentaires
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