Pascale M. - 13 mars 2023
Je m’appelle voyage,
Je n’ai pas d’âge
Et je suis une énigme.
Je parcours les océans à dos de baleines.
Les troupeaux de grands cétacés
Tracent dans l’eau un réseau de veines
S’étendant sur toute la Pangée.
Les grands mammifères jouent,
Cliquètent et dorment debout.
Ils forment à la surface des spirales étoilées
Qui, vues du ciel, scintillent comme des galaxies.
Les mouvements de plancton entretiennent la vie.
Les baleines fertilisent la mer.
L’Homme le leur rend mal
En leur déclarant la guerre,
Alors que maintes fois l’imposant animal
A hissé sur son dos un de ces naufrageurs
Tombé de son canot,
Le sauvant du malheur.

Je parcours les déserts à dos d’éléphants.
La matriarche à la défense tordue
Se balance loin devant,
Entraînant la colonne ventrue
Des pachydermes assoiffés.
La grande femelle sait
Où les emmener pour trouver l’eau.
Ne serait-ce qu’un filet,
Ou bien plus loin un marigot,
Pour humidifier les peaux craquelées
Et garder les petits en vie pendant l’été.

Je parcours le sous-sol avec un ver de terre,
Une bactérie, un champignon ou une courtilière.
Le parfum de l’humus me monte à la tête.
Les racines m’enveloppent et me portent doucement
Vers le noyau, le cœur de la terre,
Jusqu’aux laves des fulminants cratères,
Au cœur de l’Univers.
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