Assoupie pour cent ans,
Du fond de son sommeil,
Elle te sourit, voyageur imprudent.
Tu es bientôt perdu,
Souffle l'orage, crépite la passion,
Flamboient les semaines.
Quand la vue te reviendra,
Le sol brûlera chacun de tes pas
Et la nuit ne s'éteindra plus.
Tu ne regretteras rien, je le sais.
Voyageur imprudent,
Tu es perdu à jamais.

décembre 2022 --- 2 commentaires
Ce matin, tes yeux ont écarté les nuages ensommeillés.
Apparue dans l’horizon des arbres sur la colline,
Leur lumière s’est posée sur moi.
Ton regard me tient immobile.
Ton regard prend les couleurs de notre monde.
Ton regard coule sur la photo d’enfance comme une goutte de miel.
Ton regard éclaire des jeux sur le sable mouillé.
Ton regard tremble sous l’orage et la grêle.
Ton regard, phare dans la brume, perce la grisaille des jours.
Ton regard sourit au passant inconnu.
Ton regard devient noir comme le reproche.
Ton regard peut couper la pierre, réchauffer la glace.
Ton regard voit la teinte invisible d’un cœur.
Ton regard parle des langues inconnues.
Il éclaire le monde de mes peines et de mes joies.
Ce soir, tes yeux se cachent dans la forêt assombrie.
Leur lumière s’est posée sur moi.
Ton regard me tient immobile.
Longtemps dans la nuit ses couleurs brûlent mes paupières.

--
octobre 2022 --- 1 commentaire
02dec2022 15:15
24dec2022 17:49