Sous l'ombre du tilleul
La lumière profonde s'est endormie.
Givre sur l'étang.
Sous sa pierre blanche,
Tout le jour l'ombre se cache,
Danseuse du soir.

Vertige d'un matin d'hiver,
Le chêne tend ses racines
Vers le bleu du ciel.

Cri de l'oie sauvage,
Ligne d'oiseaux dans le ciel,
Volent les flocons.

Février s'étire,
Les camélias s'enflamment.
Le moineau grelotte.
À petits pas pointus,
Jusqu'au bout d'un épi la coccinelle pianote
Et puis s'envole.
Perles de lumière dans la nuit,
Le lampadaire arrose le petit caniche.
Pluie au réveil.
Train supprimé.
Sur le quai, on échange des grimaces.
Matin de banlieue.

Un expresso svp !
Le percolateur siffle, derrière le bar.
Les mains pianotent sans bruit sur les claviers
Ou les yeux se perdent dans le vague.
Pause du matin en ville.
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Ma main te tend un dépliant coloré.
Un regard, un sourire, nous projettent en juin
Dans la lumière de l'alpage,
Penchés côte-à-côte sur une anémone sauvage.
Un "merci" furtif me ramène
Au matin pluvieux de cette banlieue,
Et je souris de mes rêves esseulés.
Le soleil joue sur le sable orange.
Son pied nu goûte une flaque.
Sa main caresse ses cheveux clairs.
Son regard est un nuage bleu qui me croise,
Et ne reviendra jamais.

Bleu nuit, azur du matin
Entre deux galbes d'émail luisant
Se glisse l'âme du potier.
Le soleil brûle tout.
Le sourire sur ses lèvres s'envole vers la plage.
Ses yeux ne me voient pas.
16nov2025 19:41
car elle me permet mieux d'imaginer...
12dec2022 20:28
22dec2025 21:03