Certains textes ne se montrent qu'à la nuit tombée, furtivement. Essayer ?
Perdu ! Revenez plus tard. Bonne chance.
Gagné ! Vous pouvez lire "Eliott et les envahisseurs" ou "Les yeux de Bastet".
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Un pied après l’autre,
Mes pas se posent dans tes traces.
Autour de nous la forêt rêve,
Enfouie dans sa blancheur d’hiver.
Sans hâte, les arbres descendent vers nous.
Ils s’écartent un peu, puis referment leur silence
Sur nos empreintes mêlées.
L’air froid fait trembler ta course lente.
Loin derrière nous, la vallée n’existe plus,
Les douleurs et les chagrins sont restés là-bas.
Ici règnent l’aiguille de pin, le pignon,
Et le creux de la combe frileuse.
Une jambe après l’autre,
Mon corps suit le tien.
Le sang de ma jeunesse impatiente
Revient soudain faire tressaillir mes membres.
Un pas après l’autre,
Mes bras se tendent vers tes hanches.
Mes lèvres engourdies n’en diront rien
Et les épicéas complices garderont ce secret.
juin 2024 --- 5 commentaires
Michel 06apr2021 22:17
C'est un des textes qui me touchent le plus.
Claudine 15apr2021 10:03
J'aime beaucoup.
Annie 24oct2022 14:16
C'est le texte que je préfère.
Aline 02jul2023 20:25
C'est également mon texte préfèré.
Catherine M. 07jun2024 13:56
L'atmosphère délicate et poétique de la nostalgie, de l’hiver, en tension avec le sursaut contre la vieillesse, contre la mort,
le sursaut du désir bouillonnant dans les veines, la tension entre désir et action… Très réussi, bravo.
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Que l’heure de l’amour d’une autre soit suivie,
Gérard de Nerval, 1851
Son pas silencieux est indécis.
Le gris de son regard flotte
Comme une brume d’hiver
Sur les vitrines et les passants.
Une silhouette à sa rencontre,
À peine plus élancée.
La chaleur de ses yeux bruns
A soudain figé le temps.
Un instant plus tard, le soir est là, et la surprise éclaire les yeux gris.
Les songeries favorites de l’un
Parent les lèvres de l’autre
D’une moue gourmande,
De coloris et de parfums de montagne.
Passent les jours et les giboulées.
— Tu n’aimerais pas retourner en randonnée ?
Comme il y a deux ou trois ans, la combe frileuse,
Le Praz blanc, nos traces sur la neige tendre...
Passent d’autres saisons et d'autres encore.
— Tu dois partir maintenant ?
Ne me laisse pas sans nouvelles,
Pas trop longtemps ...
juilet 2024 --- 1 commentaire
Aline 15jul2024 01:38
Tout est à garder ...
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Je ne t'attendais pas. Le thé avait le simple goût du matin.
Tout était calme et serein. Au fond de l'océan, le volcan dormait.
Tu aurais pu ne jamais venir. Rien ne serait arrivé.
Dans cette vie ou dans une suivante, tu devais venir.
Le thé a changé de goût. Son amertume m'enivre désormais.
Je n'ai rien vu. Tu n'as rien dit.
Le défilement des jours s'est follement accéléré.
Pourquoi n'ai-je pas vu tes larmes ?
Le chat a boudé, depuis le début.
Dans la tasse, le thé dessine d'étranges figures,
Lentement se mêlent des orbes menaçants.
La lumière des jours est devenue rouge et sombre.
Ta marque est restée sous ma peau.
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D'après Sei Shonagon - Notes de chevet (XIème siècle)
janvier 2019 --- 2 commentaires
Yves D 14jan2019 14:02
Ce weekend dans un atelier Claire Lecoeur à Paris.
Maria 22nov2022 10:34
Grande beauté !
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06apr2021 22:17
15apr2021 10:03
24oct2022 14:16
02jul2023 20:25
07jun2024 13:56
le sursaut du désir bouillonnant dans les veines, la tension entre désir et action… Très réussi, bravo.